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Jean-Pierre Cabane donne « La Parole des Sables »
 

Jean-Pierre Cabane donne « La Parole des Sables »

 Jean-Pierre Cabane est né en 1940 en Algérie. Après avoir suivi des études universitaires de Lettres Classiques à Grenoble, il a enseigné dans de nombreux pays, et tout particulièrement dans le Pacifique Sud. Jean-Pierre Cabane a découvert la tradition ancestrale des dessins sur sable lors d’un premier séjour au Vanuatu en tant qu’enseignant formateur. Il a publié de nombreux articles sur les dessins sur sable ainsi qu’un ouvrage « Ululan, les sables de la mémoire » (Editions Grain de Sable) en 1997. Nous l’avons interrogé pour en savoir un peu plus sur la passion qu’il voue à cet art éphémère mélanésien et sur son ouvrage édité par l’Alliance française : « La parole des sable – Dessins sur sable du Vanuatu ».

 Qu’est-ce qui vous a mené à vous intéresser aux dessins sur sable ?

Quand j’étais en poste ici, au Lycée Antoine de Bougainville, j’ai vu dans le journal du lycée un dessin sur sable, celui des « deux jumeaux ». J’ai contacté celui qui avait écrit l’article, Jacques Gédéon, qui est devenu un ami. Il y avait des dessins un peu partout sur les murs du lycée, mais les gens en avaient souvent oublié le sens.  J’ai voulu contribuer à la mémoire de ces dessins.

 Quelle est l’origine de cet art éphémère ?

C’est une question qui reste encore aujourd’hui sans réponse. Un jour, j’ai interrogé un vieux de Paama qui m’a dit : « on a emporté les dessins avec nous ». D’accord, mais où ? Ce que je sais, c’est qu’il y a en Angola des dessins sur sable presque identiques à ceux au Vanuatu. Certaines histoires et dessins sont très proches, comme celui de la Porte du nakamal. Pourquoi ? L’Angola étant une ancienne colonie portugaise, et Quiros, premier explorateur arrivé au Vanuatu étant portugais, on peut se demander si cela vient de là. Quoi qu’il en soit, l’origine des dessins sur sable demeure un mystère.

 Pourquoi avez-vous décidé d’écrire ce livre ?

Je voulais essayer de changer notre façon d’aborder le sujet en partant d’un thème, celui des chemins de la mort. Thème que j’avais déjà un peu abordé auparavant dans Ululan. Dans ce nouveau livre, j’ai étendu mon champ d’explication à un maximum d’îles. Mon objectif est toujours d’essayer de préserver les histoires et les dessins pour les générations futures.

 Combien d’années de recherches cet ouvrage a-t-il nécessité ?

Je dirais deux bonnes années pour collecter les histoires, trouver les informateurs, obtenir leur adhésion, et photographier tous les dessins. Rien que pour photographier les dessins il faut beaucoup de temps car il faut pouvoir exécuter le dessin, avec la bonne marée basse, et le bon éclairage pour la photo. En plus d’un travail de recherche documentaire, j’ai fait un travail de terrain. En ce qui concerne la publication, avec l’Alliance française, nous travaillons dessus depuis plusieurs années.

 A-t-il été facile d’obtenir les secrets que renferme chaque dessin ?

C’est très compliqué. Tout d’abord, certains dessins sont tabous, on ne peut pas du tout les réutiliser. Ensuite, il faut trouver des informateurs, ce qui est de moins en moins facile car avec l’urbanisation, les coutumes se perdent, en particulier à Vila. Enfin, pour chaque dessin, j’essaie d’avoir minimum trois informateurs qui lui attribuent la même signification. Cela rend les recherches parfois fastidieuses.

 Les dessins sur sable vivent-ils encore ?

J’ai fait ce livre car j’ai toujours peur que les dessins sur sable disparaissent. Aujourd’hui, la transmission du savoir ancestral se perd, notamment à cause de l’école. Les vieux ne sont pas éternels et ne transmettent pas toujours leurs connaissances. Il y a eu au moins un millier de dessins au Vanuatu, et beaucoup ont déjà disparu. Je me suis cependant aperçu qu’il est possible que la tradition se perpétue. De nouveaux dessins sont inventés tout en respectant la coutume, comme le fait Edgar Viratere.

 Avez-vous un dessin sur sable favori ?

C’est probablement celui de la tortue. C’est à la fois l’un des plus beaux et des plus  complexes à exécuter. Le chercheur Arthur Bernard Dicon en parlait déjà dans l’un de ses ouvrages.

 
Le livre « La Parole des Sables. Dessins sur sable du Vanuatu » parait ce mois-ci aux Editions Alliance française. Dans cet publication rendue possible par la Coopération régionale Vanutu / Nouvelle-Calédonie / France ont été réunis des articles parus dans le Journal de l’Alliance française de Port-Vila, avec l’accord du Centre Culturel du Vanuatu.

 
« Comment j’espère que Port-Vila sera dans 10 ans ? »

L’Alliance française accueille l’exposition « Comment j’espère que Port-Vila sera dans 10 ans ? ».

Le Département du Tourisme et le Comité d'embellissement de Port-Vila présentent leur exposition « Port-Vila Blong Mi: les rêves d’enfants pour le futur de leur ville » du lundi 5 septembre au vendredi 9 septembre à l’Espace culturel français. L’exposition est organisée par Madeleine Beart du Département du Tourisme.

 Depuis quand êtes-vous au Vanuatu et quel travail exercez-vous ?

C’est la première fois que je viens au Vanuatu, cela fait maintenant 11 mois et il me reste encore un mois. Je suis une volontaire australienne venue en tant que conseillère en planification urbaine. Je travaille dans le cadre du plan d’embellissement de Port-Vila initié par le Département du Tourisme du Vanuatu. Durant mon séjour, j’ai notamment eu à réaliser des sondages auprès des habitants du pays afin de comprendre leurs idées pour leur ville. Ces idées ont influencé la mise au point du plan.

 Pouvez-vous nous parler de votre projet final ? Pourquoi avoir choisi ce thème ?

Mon projet a consisté à récolter des dessins d’enfants de plusieurs écoles de Port Vila sur le thème suivant: « Comment j’espère que Port-Vila sera dans 10 ans ? ». En tout, 165 enfants y ont participés, autant de dessins qui seront exposés. Le but de ce projet était de comprendre les idées des enfants pour leur futur d’une manière plus claire que la parole. Je vois les enfants comme les citoyens du futur qui méritent le droit d'influencer ce futur, comme les adultes.

 Qu’est-il ressorti de ces dessins ? Est-ce réaliste ?

Les mêmes idées sont récurrentes, les enfants veulent plus d’arbres, des meilleures routes, plus de lieux pour jouer. Ils souhaitent une ville plus propre. Leurs idées sont réalistes et utiles dans l’ensemble.

Dans Port-Vila, il y a déjà des projets en cours comme le Port-Vila Urban Development Project qui vise à améliorer les routes et le Vanuatu Tourism Infrastructure Project qui vise à améliorer le front de mer. On ressent un mouvement dans le secteur du développement urbain à Port-Vila. Il faut continuer les efforts pour améliorer Port-Vila à la fois pour les habitants du Vanuatu et à la fois pour les touristes, car le tourisme reste très important pour l'économie du Vanuatu.

 Avez-vous d’autres projets en cours ?

Oui, avec le soutien de la Vanuatu Society for People with Disability et le Rainbow Theatre de Wan Smol Bag, j’ai écrit un petit guide sur les parcs et comment les rendre plus accessibles pour les personnes présentant un handicap. Ce livre sort le mois prochain au Vanuatu. 

 


 
Les enfants du nord d'Ambrym ont raconté les histoires de leur île

Les nombreuses légendes du Vanuatu reflète la richesse de ses cultures. Le projet Storian blong Yumi visait à la valorisation des légendes du nord d'Ambrym avec des enfants de l'école primaire d'Olal et de l'école secondaire de Tobol (seule école secondaire de la région).

 

Les 10 et 11 août 2016 se sont déroulés des ateliers créatifs avec les élèves des écoles et la remise de fournitures.

Le mardi après-midi a eu lieu la lecture de la légende devant tous les enfants de l'école primaire d'Olal sous le préau de l'école. Ce fut une lecture à deux voix en français et en langue locale avec Lucie Anaclet, stagiaire à l'Alliance française, et Léon Buroro, ancien enseignant, habitant du village. Elle a été agrémentée par la démonstration d'un joueur traditionnel à la flûte de bambou. S'en est suivi un atelier avec la classe de l'année 8 (20 enfants d'environ 8 ans) pour réaliser un petit carnet illustré avec la légende accompagnée de dessins. Des fournitures ainsi que des livres ont été donnés à la directrice de l'école : cahiers, gommes, tailles crayons, stylos, un dictionnaire Larousse illustré et des livres pour enfants (l'école dispose d'un seul dictionnaire pour toutes les classes et de très peu de livres francophones).

Le mercredi toute la journée, les élèves des années 9 et 10 du collège de Tobol (à une heure à pied d'Olal) ont participé à un atelier d'écriture de chansons sur le thème des légendes et de leur île en français, bichlamar et langue locale. Ils étaient accompagné par Léon Buroro, également musicien. A la fin de la journée, les élèves ont montré leur réalisation devant les autres élèves de l'école. C'était surprenant pour eux d'écrire dans leur langue quotidienne. Une autre représentation aura lieu devant les familles après retravail des chansons avec les professeurs et M. Buroro. L'école a reçu un dictionnaire (le premier du collège), des cahiers, des crayons de papier, des crayons de couleurs, et des livres de littérature locale, calédonienne et française. Le proviseur du collège Monsieur Norbert, était ravi de recevoir la visite de francophones, premiers visiteurs du collège depuis sa création en 2003.

Storian Blong Yumi n'est qu'une étincelle qui souhaite contribuer à l'échange entre francophones du Vanuatu et de France, dans les respects des cultures locales dont les enfants sont l'avenir et le relais.

Le projet Storian Blong Yumi a été réalisé grâce au soutien de  19 contributeurs,  notamment   Florent Aceto, Christine Anaclet,  Daniela Carneiro Fuentes, Anne et Jean-Marie Certoux, Georges Cumbo, Marc Faucompré, Isabelle Fayli,  Arnaud Grosleron, Ingrid Jean, Julie Pecclet.

Les livres ont été offerts avec le soutien de l'Alliance française avec le concours de la coopération régionale Nouvelle-Calédonie / France / Vanuatu.

 

 

 
Exposition "Wota emi laef", Odile guiomar
Après le passage de Pam, un projet d'adduction d’eau communautaire est lancé par Odile Guiomar et ses voisins dans leur petit village de la périphérie de Port Vila.
Là dessus, comme pour mettre un point final au projet qui aura duré 8 mois, les équipes de JR, artiste photographe français de renom, adepte du collage photographique sur les murs du monde entier, ont contacté Odile pour participer, au Vanuatu, au projet mondial INSIDE OUT né en 2011.
En 2011, JR rec?oit le Prix TED et formule un souhait pour changer le monde : « Je fais le vœu que vous vous mobilisiez pour les causes qui vous importent en participant a? un projet artistique mondial, et tous ensemble nous allons transformer le monde... INSIDE OUT. »
Wota emi laef est le titre de l'exposition qui se tiendra à l'espace culturel du mardi 30 août au samedi 3 septembre.
Vernissage public le mardi 30 août à 17h
Liens pour info sur INSIDEOUT PROJECT
http://www.jr-art.net/fr/projets/inside-out-project-group-actions
https://www.facebook.com/InsideOutProject/
 
Rencontre littéraire avec Julie Dupré

Originaire de Polynésie, Julie Dupré est la fondatrice de plusieurs ateliers d’art au Vanuatu. Aujourd’hui, Julie Dupré s’exerce à l’infographie et à l’illustration en Nouvelle-Calédonie. Elle est notamment l’illustratrice d’un nouveau conte pour enfants : Aji et le soleil. Ce conte aux inspirations multiples relate l’histoire d’Aji le petit rat qui souhaitait atteindre le soleil. L’auteur, Ykson, qui s’est récemment produit aux FrancoSonik, revient avec un conte qui soulève des questions sociales qui lui sont chères, telles que celle des relations humaines ou encore celle de la protection de l’environnement. La lecture de ce conte peut se faire à la fois en français ou en drehu tout en admirant les illustrations de qualité réalisées par Julie Dupré.

L’Alliance française accueillera Julie Dupré le mardi 23 août à 17h pour une séance de  ventes / dédicaces du conte Aji et le soleil.

 
 
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